Tu es normal.e

17 juin 2018

Ejaculation précoce et micro pénis, de faux problèmes ?

Il suffit de faire un tour sur google pour savoir ce qui préoccupe le plus les personnes dotées d’un pénis: Agrandir son pénis et avoir une érection longue durée.

Pourquoi une telle focalisation sur ce membre ?

 

Il est malheureux que les hommes cisgenres donnent tant de pouvoir à leur organe génital. A force de croire que toute la virilité est contenue en un seul membre, le regard que l’on porte sur son pénis en est altéré. On le croit irrésistible, surdimensionné et l’on croit le connaître. On se dit que plus il sera gros, plus il sera puissant et on finit par se convaincre que c’est ce que les partenaires désirent plus que tout. Rien n’est plus faux.

La taille d’un pénis est franchement relative et qu’importe sa taille si l’on ne sait que “limer” avec. Cette sur-confiance en son sexe entraîne un déni de ce que veulent les partenaires. Les personnes possédant un pénis vont volontier croire qu’il est irrésistible, qu’il n’a qu’à faire des vas et vients pour contenter l’autre, résumant l’acte sexuel à la pénétration et à un acte mécanique. Parfois ces personnes sont si sûres d’elles que leurs partenaires, ne voulant pas remettre en cause leurs croyances vont se faire violence et prétendre apprécier, elles vont simuler et l’autre croira donc que sa méthode est réellement bonne. C’est un cercle sans fin.

Bien sûr il n’est pas exclu d’aimer ce genre de relation, mais c’est dommage que la majorité des gens ne connaissent que celle-ci.

On ne va pas se mentir, le porno montre une vision hyper fantasmée de l’acte sexuel, à la fois sur le fond et sur la forme (sans mauvais jeu de mot). En effet, la production pornographique va utiliser les artifices que lui offre le cinéma : angles flatteurs, poils rasés pour faire apparaître les sexes plus grands, scènes coupées pour faire croire que l’érection dure longtemps et surtout...Ce sont des acteurices !

Un·e acteurice peut bien sûr prendre du plaisir à jouer ces scènes, et certains pornos se veulent vrais, mais ce sont avant tout des acteurices. La pronographie c’est de la performance. Et le fantasme est là : nous faire croire que tout ce qui s’y passe est normal et viable.

Le soucis c’est qu’on ne voit plus le porno comme une production cinématique et fantasmée mais bien comme une réalité accessible. Dans ces conditions, comment ne pas complexer sur sa vie sexuelle ? Comment ne pas croire que son pénis est “trop petit” ou que l’on ne bande pas “assez longtemps”.

 

plug-me !Ajoutons à cela l'hétéronormativité qui rend le pénis indispensable à l’acte sexuel réussi et consommé.

Mais à force de tout baser sur une érection on finit par restreindre l’acte sexuel. On va considérer qu’une éjaculation est un orgasme et que c’est suffisant. Et surtout on va se mettre une pression bien trop grande, faisant que l’on focalisera d’avantage sur son pénis que sur les réels désirs et attentes de l’autre, en plus d’être susceptible de provoquer des débandades. Ce qui n’est vraiment pas grave en soi, mais que l’on dramatise. On a tellement mis la pénétration sur un piédestal que la frustration est présente des deux côtés si elle n’a pas lieu. Alors que c’est quand même dommage de se gâcher une partie de jambes en l’air quand on a à sa disposition doigts, mains, bouche, langue et godemichets !

 

Relativisons.

La bite, c’est pas automatique. On peut faire l’amour sans se servir d’un pénis.

Ensuite, pense que toutes les bites sont différentes et que tous les vagins et anus ne sont pas identiques. Parfois, l’anatomie fait que la pénétration par un pénis au-dessus ou dans la norme, sera doulourese.

Et enfin, on parle de micro pénis à partir de moins de 7 cm en érection. 7 cm c’est facilement la taille d’un index. Il existe des solutions

gaine péniennepour “agrandir” son pénis, avec une gaine par exemple. On peut pénétrer son/sa/ses partenaires avec des godes ceintures (creux ou pleins) et voire l’acte sexuel différemment, par exemple en comptant sur la stimulation directe de la prostate plutôt que sur la masturbation on la pénétration.

Pour ce qui est de l’éjaculation dite précoce, celle-ci arrive avant, au moment ou quelques secondes après la pénétration. On la dit “rapide” quand elle se compte en minutes. En somme c’est ne pas contrôler son excitation sexuelle, ce qui déclenche malgré soi le réflexe éjaculatoire.

Il existe des exercices pour apprendre à contrôler son éjaculation et quand bien même, une éjaculation ne doit pas nécessairement signifier la fin du rapport sexuel.

Il est probable que ce soit l'hétéronormativité imposée qui fasse complexer, davantage que ses particularités physiques, qui même si elles ne sont pas “la norme” restent propre à chacun·e et qu’il serait dommage d’en avoir honte et de les cacher, quand on peut apprendre à composer avec.






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26 mars 2018

Les sextoys sont-ils pour les pervers•es ?

Parfois, au détour d'une page internet tu peux tomber sur des objets qui peuvent te surprendre, voir te choquer. Tu n'as jamais vu ça avant et tu n'y vois pas l'intérêt. Qui utiliserait des objets aussi pervers ? Te demandes-tu alors.

Je me suis faite cette réflexion en parcourant un site avec une amie qui était choquée devant un gode qui pouvait éjaculer. Pour elle, cela relevait de la perversion. Or si on regarde de plus près ces objets on se rend compte qu'ils sont plus complexes que ce qu'ils montrent.
Quand on a une sexualité normée, on voit d'un œil déviant tout objet non conforme à notre sexualité. Mais la vérité est que chaque sexualité est différente et que tout le monde n'a pas les mêmes conditions physiques ni les mêmes facilités.

 

1) La hiérarchie des sextoys

La sexualité qu'on nous montre le plus -qui est également celle dans laquelle on nous encourage le plus- est celle des personnes valides et hérétosexuelles. Si tu es LGBT+, pratique la sodomie ou le BDSM tu es catégorisé•e déviant•e. Ta sexualité n'est pas conventionnelle et on te jugera pour ça, notamment en insinuant un trouble psychologique (coucou fiftyshades va bien te faire foutre). Ce qui est hyper stigmatisant.
Parfois pour ton bien être sexuel ou juste par envie, tu incorpore des objets et c'est là que ça se complique ; Acheter un objet sexuel est encore tabou et considéré comme quelque chose de pervers. En plus, chaque objet amène son petit cliché:

Jouets sexuels divers

On va considérer qu'une femme achetant un sextoy est une nymphomane, salope, mal baisée ou célibataire. Cependant cela reste toujours plus admis qu'un homme achetant une vaginette qui sera juste vu comme un pervers.
Quand un homme achète un sex-toy anal on remet en cause sa virilité sans oublier la petite pensée homophobe qui veut que seuls les homosexuels pratiquent la sodomie et que c'est donc un peu honteux quand même. Rajoutons une couche de sexisme : la honte si c'est ta femme qui te sodomise. Pour les mascus, le cucul, c'est sacré.
Lorsque ce sont des objets estampillés "pour couples" c'est souvent un anneau pénien, l'honneur est sauf, le cul de monsieur aussi. Ce n'est pas pour un plaisir solitaire mais de couple.

Cela créait une hiérarchie dans les sextoys, entre ceux qui sont acceptables et ceux qui sont pervers. Ainsi qu'entre les pratiques, celles qui sont acceptables et celles qui sont perverses.

Cet imaginaire créé autour des objets liés à la sexualité créait également un décalage entre celleux qui utilisent des objets et les autres. Et si tu utilises des objets c'est que tu ne baises pas bien, ou pas assez, et comme chacun•e sait, cela est vu comme honteux.

 

2) Cachez ces sexualités que nous ne saurions voir

On remarque toutefois qu'une gamme de produit est perçue comme "normale" et compatible avec le sexe hétéronormé; Les préservatifs et autres joyeusetés des marques comme Durex et Manix. Le bout de rayon qui leur est réservé dans les grandes surfaces semble immense pour quelque chose d'aussi tabou.

On va se pencher un peu sur Durex, parce que clairement c'est lui le plus connu:
Préservatifs extra-fin pour mieux sentir la pénétration, orgasmes intenses, éjaculations retardées, nervuré-perlé pour plaisir des pénis dans les vagins etc. Et même, comble de l'audace ! une catégorie "sex-toy". Bon rien de très osé, simplement un anneau pénien qui vibre, ce qui reste foutrement étonnant tout de même !

Tu remarqueras que toute la gamme est dirigée pour une catégorie de la population : les hétéroseuxel•les.

Que de tels objets soient si accessibles contribuent à renforcer l'idée que la seule sexualité valable et surtout montrable est l'hétérosexualité. Mais pas n'importe laquelle : celle qui bande dure et longtemps, celle qui va compter sur les technologies pour le plaisir de madame, celle qui place la pénétration au coeur de l'acte sexuel, celle qui ne connaît pas les cunni.

Et oui...vois-tu une digue dentaire quelque part ? Des protections ou mini-sextoys pour doigts ? Nenni et le seul gode pénétrant vendu en coffret est fait pour les vagins pas les anus.
Tu me diras que le genre n'est jamais précisé et que les personnes dotées de pénis peuvent utiliser ses capotes entre elleux.Je te répondrais que pas toutes: nervuré-perlé c'est fait pour vagins et pénis et les chauffantes sont vraiment à bannir des anus. De plus leur bandeaux sont clairs sur leur public cible : représentation proche de zéro.

Mise en place d'une capote

Quant à Manix c'est globalement la même gamme, même si eux au moins affichent deux femmes sur leur site....mais pas deux hommes, pas assez bandant pour les mecs hétéros sans doute.

Comme je l'ai dit plus haut, rendre aussi accessibles des accessoires estampillés hétéronormativé, ça rejette les autres sexualités, ça les rend taboues, bizarres, déviantes. Si les honnêtes gens peuvent aller acheter des capotes en même temps que leur PQ, les autres devront se cacher.

On parle quand même de vendre dans le plus grand des calmes des objets pour relation hétéro en plein supermarché mais on ne trouve pas de boules de geisha dans nos pharmacies. Elles sont vendues comme des sextoys alors qu'elles sont plutôt des outils, notamment utiles pour remuscler le vagin après l'accouchement. Ca en dit long sur ce qui est montrable ou non.

 

 

 

3) la théorie du propre et du sale

Du coup tout ce que nous sommes habitué•es à voir ce sont des capotes pour pénis et des anneaux péniens. Alors forcément quand on s'éloigne un peu des rayons de supermarché, ça peut surprendre.

Il se trouve que le monde n'est pas composé que de personnes hétérosexuelles et que même ces personnes ont parfois des désirs autres qu'une pénétration avec éjaculation pénienne qui clôt l'acte.
Pour des objets moins conventionnels deux choix s'offrent à nous : Rentrer dans des sex-shops glauques et des sites cheap, confirmant ainsi cette impression que "vous utilisez autre chose qu'un pénis dans un vagin, vous êtes sales". Ou bien viser les sex-shop et sites plus huppés, beaux, classy, "propres".

Même si en général on peut trouver des produits de mauvaise, bonne ou moyenne qualité dans ces deux genres de boutique, il est vrai que plus on met de l'argent plus on a de la qualité et surtout du marketing.
Les sex-shops que l'on trouve près des gares par exemple (bigup Nantes !) sont de ceux qui font froid dans le dos et donnent une image perverse de tout ce qui est godemichets, pornos et autres articles de sexe. Tout y est : le rideau qui cache la boutique, les néons, les boîtes d'articles présentant des personne dénudées en poses suggestives dont l'anus sera habilement censuré par une étiquette d'information etc. Le tout fait que l'on a une impression de saleté qui va nous coller à la peau même une fois sorti•e de la boutique. Les sites ne font pas plus rêvés : on y retrouve les mêmes boîtes, une grande majorité de produits basse et moyenne qualité, peu d'informations et un habillage de site digne de windows 98.
Le pendant de ces sex-shop glauques sont les classy. Couleurs clairs, impression de propreté, produits clairement exposés dans la vitrine, vendeureuses accueillant•es et sites web ergonomique tout aussi "propre" et bien rangé.

Dans lequel des deux rentrerais-tu ?

Ces boutiques classy mettent en avant des ingénieur•es et des technologies au services du plaisir. Même si globalement on n'échappe pas à la classification (pour homme, pour femme, pour couple etc.) ces sites sont quand même plus inclusifs.

Prenons l'exemple de fun factory qui propose la catégorie "sextoys anaux" et "sextoys pour hommes", on y retrouve globalement les mêmes, et aucun jugement sur le fait qu'un homme puisse aimer se faire stimuler la prostate. Leurs produits sont classes, en matières safe, pensés pour les différentes anatomies, le site ne montre pas de packaging aguicheur avec des personnes dénudées-censurées qui eux par contre font vraiment glauque et cheap, bref on ne se sent pas marginal•e quand on va sur ce site

L'air de rien, l'apparence du site et de la boutique joue beaucoup sur l'image de nos pratiques, ce qui contribue à les stigmatiser ou non. Si tu achètes dans une boutique glauque tu es un•e pervers•e. Si tu achètes dans une boutique classique tu es une personne normale qui se fait un petit plaisir, un "extra", même si ta consommation est régulière.

 

4) Pervers•e !

Au final on retrouve globalement les mêmes objets mais pas de la même facture dans ces deux genres d'entreprise. On retrouve des godes taille "magnum" dans ces deux genres de boutique, pourquoi l'un serait plus pervers que l'autre ? Mais d'ailleurs pourquoi pervers ?

Cuni

Une recherche sur wikipédia suffit à montrer la variété de ce mot, restons sur l'aspect sexuel avec cette définition : Sujet dont le comportement sexuel s'écarte de la normalité.
Nous sommes donc de nombreux et nombreuses pervers•es.

Ce mot est au final assez problématique, parce qu'il range sous la même appellation les personnes pratiquant le BDSM ou la sodomie avec les personnes ayant réellement des problèmes psychologiques à régler. Par exemple je doute qu'un jour il soit vu comme "juste une pratique" ou "normal" de montrer ses organes sexuels à qui ne le veut pas dans la rue, idem pour la pédophilie. Même si les sentences rendues par les tribunaux sont immondes sur ce sujet, heureusement l'opinion publique a réagi et temps qu'elle réagit c'est que tout n'est pas perdu.
Les mœurs changent mais il y a des limites.

Revenons à nos moutons pervers. Peut-on encore dire d'une personne qu'elle est perverse quand elle s'achète un gode ou quand elle n'a tout simplement pas la même vie sexuelle que nous ?
Avec les mœurs qui évoluent et la libération sexuelle, il devient de plus en plus admis d'être polyamoureux/se ou d'avoir une collection de godemichets type bad dragons. A une époque les "condom" étaient étranges et aujourd'hui on ne trouve plus que ça !

Continuer d'utiliser ce mot pour définir les pratiques sexuelles différentes (et légales) des nôtres, perpétue la stigmatisation de tout ce qui n'est pas normé, approuvé par notre société. Hors chaque sexualité est différente et ne devrait pas être jugée, même si on ne la comprend pas, à condition bien sûr que ce soit entre adultes consentant•es.

 

5) Ton nombril

Si malgré ce que tu viens de lire tu te demandes encore comment on peut mettre sa bite dans un vagin artificiel ou se faire faussement éjaculer dessus par un gode, il est temps pour toi d'ouvrir tes chakras.
Déjà parce que chaque sexualité est différente et propre à chaque personne, tu n'as donc pas à la juger, ensuite parce que ces objets, si parfois ils permettent d'assouvir des fantasmes, d'autres fois ils permettent de rendre la vie plus facile, plus normale, plus agréable à d'autres personnes.

Il existe un tas de raisons d'utiliser des sextoys, certaines personnes par exemple utilisent des gaines et prolongateurs de pénis. Ce qui permet de pénétrer tout en ressentant quelque chose. Cela permet aussi bien d'agrandir les pénis de taille "standard" que des pénis sous la moyenne. La taille a parfois de l'importance et certaines personnes vivent mal un pénis plus petit que la moyenne. Avec ces gaines, elles peuvent avoir des sensations tout en donnant du plaisir à l'autre.
Certains godes ou vaginettes peuvent même se ventouser, ce qui est vraiment pratique lorsque l'on n'a pas l'usage de ses mains ou que

Gode-ceinture

c'est compliqué et fatiguant de les utiliser. Beh oui les personnes handicapées aussi ont une vie sexuelle et se masturbent !
Les questions sur la maniabilité des godes et l'intensité des vibrations sont utiles quand on a moins de sensations ou des difficultés avec la préhension. Et c'est pareil si tu es bien âgé•e, tu as encore le droit de te branler.
Tout ce qui est gode ceinture présente plusieurs avantages, celui de pouvoir endosser le rôle du pénétrant par exemple, que ce soit pour un fantasme ou une vie sexuelle plus pratique. Dans le même genre les godes qui éjaculent peuvent être de bons outils lorsque l'on est trans ou qu'on ne peut pas éjaculer pour diverses raisons.

N'importe qui peut acheter un gode et pour n'importe quelle raison. Les gens aiment croire que c'est pour les moments de solitude ou de célibat alors qu'un gode peut tout à fait s'inclure dans une relations sexuelle avec d'autres personnes, y compris hétéro !

Tout ce qui est objets BDSM va évidemment t'interpeller si ce n'est pas ton délire. Tu ne peux pas non plus mettre sur la même échelle des objets de bdsm soft, pour débutant•es et ceux plus hard pour expérimenté•es. C'est une pratique sexuelle qui a ses codes et ses sous-genres.

 

Du coup la prochaine fois que tu vois un objet qui sort de ta routine sexuelle, ne juge pas les gens qui peuvent l'utiliser et repense à cette définition tronquée de ce qu'est la perversion pour notre société. Pense à ta situation mais aussi à celle de ton/a voisin•e qui est peut-être différente de la tienne.
Te dire que les pratiques des autres sont bizarres ou perverses c'est continuer à stigmatiser ce qui sort de l'hétéronorme et à rendre plus inaccessible et tabou des sexualités déjà marginalisées.

 

Vidéo de Margot de Vivre avec et Clemity Jane à propos des sextoys et du handicap
Le site Fun Factory pour des sextoys safe, beaux et doux

 

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09 mars 2018

Le droit d'être des salopes

1) la sexualité féminine brimée depuis toujours

S'il est un sujet qui ne cesse de faire parler de lui c'est bien celui de la sexualité des personnes disposant d'un vagin. Il suffit de jeter un coup d'oeil à la presse féminine pour comprendre l'ampleur du problème.
Ces magazines, qui ciblent un public de plus en plus jeune, ne cesse de nous assommer de conseils sur comment jouir, comment "exploiter" sa féminité et sa sexualité, comment être un bon coup, comment faire plaisir à son homme etc. Des contenus problématiques à bien des niveaux ; glorification du couple hétérosexuel et monogame, injonctions à une sexualité normée et hétéro-normée, sexisme etc.
Une presse qui contribue à entretenir le mythe selon lequel l'on doit passer pour des vierges mais un peu salope quand même si on veut espérer "garder nos mecs".

Il faut dire que la sexualité des femmes(1) est un vieux débat. Les sociétés étant principalement patriarcales, brimer les femmes et leur sexualité fait parti de leurs conditions sine qua non.
Pour une raison obscure la sexualté féminine inquiète, elle fait peur. L'homme de nos sociétés occidentales est inquiet de ce qu'il ne comprend pas et plus encore de ce qu'il ne contrôle pas. Le fait de pouvoir être secondaire dans l'acte de masturbation féminin l'angoisse. Comme quoi la fragilité masculine n'est pas récente.Enluminure d'une femme se masturbant
Il semble que cette angoisse du sexe féminin soit lié en parti à l'accouchement. Comment les femmes font-elles et surtout comment peuvent-elles enfanter des hommes alors qu'elles sont des femmes ? Je peux concevoir que ça soit mystérieux mais au bout d'un moment faut s'en remettre. Le soucis c'est que ça contribue à creuser le fossé. Les deux parties se regardent en chien de faïence, l'un estimant que l'autre est beaucoup trop mystérieux pour être laissé libre.
Ainsi on a diabolisé, fétichisé, exotisé, exploité, mutilé cette sexualité qui pour une raison obscure inquiète la partie masculine de l'humanité.

Ajoute une bonne dose de christianisme et tu as florilège de libertés contrariées :
Se masturber est un péché, avorter ou contrôler les naissances est un péché, être une femme est un péché.
A mon sens dire que la femme est une tentatrice par nature et que donc tout est de sa faute, c'est surtout une bonne excuse pour justifier les viols et les hommes qui se croient tout permis. Avec une telle logique si tu te fais violer c'est de ta faute, si tu es belle c'est que tu cherches les ennuis etc.

De fait avec le christianisme qui condamne le péché de chair, aka l'acte sexuel pour le sexe et non la reproduction, la femme et sa sexualité sont vues plus menaçantes que jamais. Et comme ce sont les femmes qui détiennent le secret des naissances il faut les mater pour être sûr de toujours avoir la mainmise sur la démographie.
Ainsi les femmes "trop" tentatrices, celles qui maîtrisent les secrets des menstruations et de l'accouchement ou simplement celles considérées comme trop libres (et donc à l'aise avec leur sexualité) sont stigmatisées. On les appelle sorcières et on les met au bûcher.

Autant te dire que dans ces conditions avoir une sexualité libre et épanouie n'est pas aisée. Ajoutons-y les problèmes de classe : Avoir accès à la contraception (inefficace à l'époque mais tout de même réservée aux plus riches), aux soins médicaux pour l'accouchement, avoir assez d'argent pour élever ses enfants, c'était réservé aux personnes riches.

 

2) La libération sexuelle à plusieurs vitesses

Un marin embrasse tendrement un ouvrierPourquoi je te raconte tout ça ? Pour que tu comprennes bien de quoi on part. On est parti d'un état de nature à une culpabilisation à outrance de l'acte sexuel. On l'a rendu utile plutôt que simplement plaisant.

Heureusement la libération sexuelle est arrivée ! Mais elle n'est toujours pas finie.
La liberté sexuelle (LS) des années 70 pour la France c'est effectivement le droit de jouir, de retrouver le côté futile de l'acte sexuel et donc d'avoir le droit de contrôler les naissances. D'avoir enfin le droit de côtoyer l'autre sexe et de renouer avec sa sexualité. Ce n'est qu'une première partie de la LS. Mais ça c'est arrêté là. Et la LS n'a pris en compte que les femmes blanches hétéorsexuelles cisgenres.

On a longtemps stagné. A prônée une LS pour les hétéro on s'est retrouvés avec une sexualité hétéro-normée.
Conséquences pour les LGBT+ : un tas de clichés associés à la communauté et toujours pas de droits, en partie parce qu'on y a accolé une image d'une sexualité dépravée et de malades mentaux. La bonne ambiance.

Malgré un souffle de sexualité retrouvée, on se retrouve quand même avec des pratiques très hiérarchisées : fellations et positions un peu "osées" pour les prostituées ou les femmes ayant "peu de vertu", sodomie pour les homosexuels, cunnies pour les lesbiennes etc. au final rien n'a vraiment changé quant à la pratique en elle-même. La masturbation féminine est toujours tabou et le clitoris toujours porté disparu.

Femmes noires militant pour leurs droitsEt que dire des personnes racisées qui ont subi stérilisations ets avortements forcés dans les départements d'outre mer, alors qu'en France les féministes (blanches) réclamaient le droit à l'avortement et à la contraception ? (1)
D'ailleurs la communauté afro-descendante a également reçu son lot de clichés nuisant à sa sexualité : sexes prétendument démesurés, femmes animalisées et supposées être des "tigresses au lit", exotisation etc. Sans compter les cas d'excisions encore inconnus à l'époque. (2)

Autant te dire que Libération Sexuelle ou non, faire ce que l'on veut de son corps, ça n'est toujours pas acquis.

 

3) Les saintes et les putains

Ce n'est pas pour rien que l'on dit que prostituée est le plus vieux métier du monde, ni que l'on sépare les travailleuses et travailleurs du sexe (TDS) d'un côté et les "filles biens" de l'autre.

La sexualité féminine est percluse de frustrations. Pas le droit de se maturber, pas le droit d'aimer le sexe, ce sont les femmes qui portent (littéralement) les conséquences d'un rapport non protégé, pas le droit de faire telle ou telle position, pas le droit de ne pas avoir envie, ne pas être disponibles, pas le droit de ne pas correspondre à un cliché etc.etc. On peut continuer pendant des heures comme ça.

Alors évidemment si l'on interdit tout ça aux femmes et donc de vivre et découvrir leur sexualité comme elles l'entendent, qui se retrouve avec tous les fantasmes frustrés de ces messieurs ? Les TDS évidemment.
Et oui parce que de leur côté aussi on leur a longtemps demandé de bien séparer leur femme qui sera avant tout la mère de leurs enfants et leur maîtresse qui sera celle avec qui sera permis toutes les "excentricités".
Les injonctions sexuelles ne font de bien à personnes.

Avec notre société qui avance (oui je sais on ne dirait pas mais si ça avance je te jure) nos contradictions deviennent de plus en plus flagrantes.
Certains hommes demandent à leurs copines d'être vierge tout en ayant une pratique sexuelle semblable à une actrice porno dans la profession depuis 15ans.
C'est encore une façon de contrôler la sexualité des femmes, parce que clairement, elle échappe de plus en plus aux hommes.

La Libération Sexuelle revient en force avec les mouvements féministes plus inclusifs.
Faire ce que l'on veut de son corps tel est le vrai credo des féministes.
Si tu veux rester vierge ou non, porter le voile ou non, te prostituer ou non, faire du porno ou non, porter des mini-jupes ou des jeans, te tatouer ou non, faire des partouzes ou non, avoir des enfants ou non, c'est ton choix. Ton corps, tes choix.

Et pourtant nombreuses sont encore celles qui se font traiter de "salopes".

 

4) Les Salopes

Tout comme le mot queer, le mot salope pourrait bien se faire réapproprier.(3)

Lorsqu'est signé le manifest des 343 dans le nouvel Obs c'était pour avoir le droit d'avorter et donc par là même d'avoir accès à la contraception et de faire l'amour futile. Ce n'est pas anodin que Charlie Hebdo ai rebaptisé cela "le manifest des 343 salopes"(4), cela sous-entendait que ces femmes avait couché et qu'elles n'étaient donc pas respectables.

Une salope fièreAujourd'hui le mot est toujours vivace et toujours autant problématique. En effet, l'insulte salope permet de déshumaniser la personne à laquelle elle s'adresse. Une fois déshumanisée, on peut lui faire ce que l'on veut et ce sans consentement, car une salope ne dit jamais non, puisque c'est une salope.(5)

C'est une tactique patriarcale qui contribue à alimenter la culture du viol, d'autant plus vicieuse que les femmes l'utilisent aussi. C'est là la perniciosité d'une société patriarcale, elle se sert de celles qu'elle oppresse pour perpétuer l'oppression. Ainsi les premières à critiquer les femmes en vêtements courts sont les femmes.(6)
Ce qui est également un moyen de défense. En jugeant une femme on se dédouane de ce qui pourrait lui arriver et on se réconforte en se disant que nous on respecte les règles patriarcales de l'habillement. Sauf que les vêtements n'ont rien à voir dans le viol. Une excuse de plus.

Notons que les hommes ne sont jamais des salopes. Eux ont toujours le droit de coucher avec qui ils veulent et on ne leur demande pas le pratiques sexuelles improbables.

Au final les salopes sont toujours les mêmes, ce sont des femmes qui "ne se respectent pas", ont une vie sexuelle hors norme, c'est-à-dire qui sort de l'hétérosexualité monogame et qui en plus, l'assument.

 

5) Dis moi comment tu baises, je te dirais si tu es féministe

Nous voici donc en 2018 avec un projecteur braqué sur nos sexualités. Attention on rentre dans une ambiguïté un chouïa plus complexe.
On ne sait pourquoi, être féministe semble être associé à l'idée d'être "une femme respectable" tout en étant des salopes mal baisées. Je t'avais dis que ça devenait compliqué.

En bref les clichés sur les féministes sont légions et se contredisent. Mais surtout on nous colle l'image de gardienne d'une certaine morale. (de droite visiblement ?)
En gros on prône la libération sexuelle, celle qui passe par un total contrôle et découverte sans injonctions de sa sexualité, mais en même temps on doit flicker les meufs jusque dans leur plumard pour être sûr·es qu'elle ne pratiquent pas la levrette.
En plus clair : pour certain·es, être féministe c'est avoir une sexualité de féministe (?) et donc ne pas sucer, se prendre de faciale, baiser en levrette etc. Une belle contradiction donc. Faisons ce que l'on veut de nos corps mais pas ça ni ça ni ça.

Militante le jour, TDS la nuit, femme toujours

Que l'on soit féministe ou non ne doit pas nous empêcher de vivre une sexualité épanouie et consentante. C'est pas parce que tu te prend une faciale le jeudi que tu ne peux pas faire de l'accueil SOS femmes battues le vendredi.

De la même manière, il semble inconcevable pour certain·es de se prostituer ou de faire du porno et d'être féministe. Être TDS ne signifie pas approuver le système patriarcale mais plutôt en tirer un profit, de la manière qui nous est accessible.

Si on pouvait foutre la paix à nos culs ce serait fort bien. Si on pouvait avoir le droit de se comporter comme les "salopes" qu'on nous reproche d'être ce serait fort bien également.

Il n'y a pas de positions ou de pratiques estampillées respectables ou réservées aux gay. Il n'y a que des gens qui couchent ensemble et explorent dans le respect et le consentement mutuel.

Si les positions classiques conviennent très bien à certain·es, ce n'est pas le cas pour tou·te·s. Certain·es rêveraient de se faire claquer des fesses ou encore de faire des gorges profondes, mais ont trop peur de la réaction de leur partenaire.
Si iels agissent façon "porno" comment seront-iels vu ensuite ? Seront-iels encore respecté·es ?

Et bien oui, on a le droit de vouloir explorer d'autres sensations, de nouvelles positions, de nouvelles expériences. De vouloir se sentir "chienne" ou "soumise", d'avoir des fantasmes et d'espérer autre chose qu'une relation conventionnelle si ce n'est pas ce à quoi on aspire.

Au plus on ose assumer ses fantasmes non conventionnels, au plus on prend le contrôle de sa sexualité et au plus on se sent libéré·e.

Mais attention, si tu peux avoir envie de faire l'amour de manière plus "hard", tu peux aussi ne pas du tout en ressentir l'envie.
Si ton/ta partenaire d'une vie ou d'une nuit te demande une pratique sexuelle différente de tes habitudes, tu es en droit de refuser, que ce soit par timidité ou juste parce que tu n'as pas envie.

Il n'y a pas qu'une façon de faire l'amour, tout comme il n'y a pas qu'une façon de vivre sa sexualité.

 

Assumer sa sexualité ne se fait pas en un jour, ça prend du temps, mais c'est un temps nécessaire. L'important c'est de rester fidèle à ce que tu souhaites toi. De ne jamais te forcer et de ne jamais forcer personne. C'est ça se respecter.

 

 

 

 

(1) Je suis désolée mais je dois utiliser le terme femme/homme pour certains passages car je parle des généralités liées à ces appellations.
(2) A ce sujet lire Le ventre des femmes par Françoise Vergès
(3) Le mot Queer était à la base une insulte envers la communauté LGBT+, celle-ci l'a reprise à son compte. Désormais l'on peut dire qu'une personne queer est une personne ne correspondant pas aux normes sexuelles d'une société. Attention toutefois c'est une notion floue qui n'est pas immuable.
(4) En France il faut attendre l'interview de Waris Dirie dans le magazine Marie Claire pour réellement prendre conscience de l'ampleur du problème.
(5) Cela partait non pas d'une pic envers les signataire mai envers les politiques.
(6) A ce sujet lire mon article Pourquoi l'insulte "salope" est-elle problématique ?
(7) A ce sujet lire mon article Déconstruisons la rivalité féminine

 

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21 février 2018

Usul, Ollyplum, le porno et ce que ça dit de nous [HS]

Usul, Ollyplum, le porno et ce que ça dit de nous.

Usul, figure intellectuelle de Youtube dans un porno ? Cette affaire secoue énormément les internets depuis quelques jours. C'est la fête aux insultes, aux clichés et au mépris.
Il faut avouer que la nouvelle a de quoi surprendre, mais peut-elle aussi choquer ? C'est ce que semble ressentir une grande partie d'internet qui plaque sur cette annonce les clichés les plus éculés du porno.

Analysons ensemble ce que provoque cette nouvelle.

 

-L'image, le sexe et l'intellect-

Commençons par l'image d'Usul, ce "youtubeur" politisé a qui l'ont doit pas mal de belles réflexions politiques et idéologiques, qu'il s'agisse des personnalités politisées ou des jeux vidéos. Usul c'est la plume, la poésie, l'écriture, la gauche, l'engagement, les revendications. Même son look est fait pour savoir à quel monde il appartient.
Alors découvrir qu'un jour ce pilier de comptoir du youtube game verse dans la pornographie ça a de quoi étonner. Quoi, Usul, cet être intellectuel pratiquer une activité sexuelle ? Quoi, Usul est nu lorsqu'il prend sa douche ?
Et oui, ce qui surprend c'est peut-être le fait qu'Usul soit un être séxué et sexuel. Attention je ne parle pas de son sex-appeal ! La beauté, l'attirance c'est l'affaire de chacun·e (personnellement il ne me déplait pas !) c'est simplement que dans notre esprit on dissocie totalement le fait d'être intelligent·e et d'avoir une vie sexuelle, surtout si celle-ci est publique !

Le cliché des acteurices porno bêbêtes est toujours là.

On ne va pas se mentir, j'ai moi-même une vie sexuelle, comme une bonne grosse partie des gens de cette planète, comme Einstein et comme Angela Davis. Oui mais tous ne sont pas acteurices porno me direz-vous. C'est vrai que si Einstein avait fait du porno la face du monde en aurait été changée...sans doute parce que personne ne l'aurait écouté, méprisant son activité sexuelle.

Bon soyons plus concrets : Céline Tran. Mais si vous la connaissez. Anciennement Katsumi puis Katsuni, Céline Tran a laissé le porno pour se consacrer à ses autres passions. C'est une personne d'une incroyable richesse ! Jetez un oeil à son CV, je me demande s'il y a une chose qu'elle ne sait pas faire. Drôle, intelligente, athlétique, impertinente, autrice, blogueuse etc.

Photo d'Ollyplum et Usul par Monsieur Bazin pour Le Tag Parfait

Un être humain est divers, il a plusieurs facettes et capacités. On peut parler de politique pour Médiapart le jour et faire du porno avec sa compagne la nuit, les deux ne sont pas indissociables, au contraire. Usul précise même à quel point c'est agréable de pouvoir se détendre et juste prendre du plaisir:

 

"[...] je suis habituellement dans la polémique permanente, dans le militantisme, les revendications, c'est assez épuisant. J'aime bien avoir cette oasis à côté, c'est du plaisir, du laisser-aller, on n'est pas dans le conflit, c'est juste de l'amour, du partage. Des choses positives"

Et oui, les gens qui ont une vie sexuelle, publique ou non, peuvent être intelligents et ont même une vie à côté et des activités annexes. Incroyable.

 

-Porno, féminisme et sexisme-

L'autre soucis ce sont les images que le mot "porno" évoque.

Là aussi soyons honnêtes, avec la démocratisation à outrance du porno, les images qui nous viennent sont plutôt "hard" et typiques de l'industrie de porno et de son époque. Corps hyper musclés et minces, parfaitement épilés, images des femmes mises à mal, plans sur des bites énormes, acteurices peu investi·es et pour cause etc. etc.

Mais le porno ce n'est heureusement pas que ça ! Le soucis c'est que pour avoir autre chose il faut souvent savoir où chercher et bien souvent payer.
Mais de plus en plus, comme une réponse à cette industrie de porno débridée, des pornos plus engagés, plus féministes, plus respectueux, où le vrai plaisir est une condition, apparaissent.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, même si Usul avait tourné dans un porno hard-fuck et urophile ça n'aurait rien changé. Là je parle du fourre-tout que représente le mot "porno".

Ainsi donc on découvre qu'Usul tourne du porno respectueux et que la vraie star ce ne sont ni lui ni sa bite mais bien sa partenaire OllyPlum.

OllyPlum est ce qu'on appelle une cam-girl, c'est à dire qu'elle se film avec sa webcam en train d'avoir une activité sexuelle. Chacune à son style, ses préférences et c'est un travail très prenant ! Comme l'explique Ollyplum, psychologiquement ça peut être lourd, car tu dialogue directement avec tes viewers. En plus elle, elle pratique souvent la masturbation en solitaire, et comme elle l'explique dans l'interview de Le Tag Parfait, le jour où son partenaire l'a rejoint, tout le monde s'est emballé, c'était l'évènement tant attendu.

Et cette interview je vous la conseille sincèrement, déjà parce que c'est la parole des concerné·es et non pas des rumeurs, ensuite parce c'est tellement plein de mignonitude, de complicité et de douceur que ça donne juste envie de leur faire des câlins...et un peu d'aller voir ce qu'iels font aussi c'est vrai.

Mais parmi le raz-de-marrée reproché à Usul on retrouve l'idée qu'il n'est qu'un "porc" qui "exploite sa meuf en la faisant tourner dans du porno" et en "l'humiliant alors qu'il se dit féministe !".
On respire.
Si vous avez bien lu ce que j'ai écrit avant, vous comprenez pourquoi ces accusations sont faites à l'emporte-pièce. Sinon allons-y c'est cadeau :

D'abord le vocabulaire; OllyPlum, (rarement citée par son nom...) est placée en tant qu'être passif, se faisant "prostituer" par son mec. Or OllyPlum est une camgirl avant tout, c'est elle qui a choisit de faire ça et elle aime ce qu'elle fait. Elle fait d'ailleurs plus de vidéos seule qu'avec son partenaire ! C'est drôle comme les gens se sont empressés de poser Usul, l'homme, comme sujet pensant et agissant et OllyPlum, la femme, comme quasi anonyme, passive et soumise à un homme.

Pour ce qui est de la position classique de l'homme se faisant sucer par une femme, je ne peux que vous recommander d'ouvrir votre esprit.
Parce qu'on est féministe on n'a pas le droit d'être une femme qui suce ? De se faire soumettre pour une partie de BDSM ? Même au lit faut que les mêmes qui nous traitent de salopes mal-baisées le reste du temps viennent nous dire qu'on dessert notre cause en faisant ce que l'on a envie de faire ??camgirl

Je vous laisse lire l'article pour connaître l'avis des intéressé·es là-dessus, en gros iels se font plaisir et aimeraient faire des choses plus originales par la suite mais non, les codes d'un genre ça ne se brise pas comme ça.

Le couple est ainsi conspué, lui reprochant d'aller contre leurs idéaux et de nourrir le sexisme via l'industrie pornographique et les Travailleuses Du Sexe, rien que ça.

Du coup oui, on peut être féministe et faire du porno. C'est même une bonne chose parce que ça apporte un regard davantage bienveillant. Cependant je ne parlerais pas ici des TDS et de l'industrie porno/camgirl c'est un autre soucis et ce texte est déjà trop long et en plus c'est pas le sujet, au mieux ça mérite un article à part. Gardons en tête que les choses ne sont pas simples et que derrière une industrie porno se cache des bonnes comme des mauvaises choses. Tout comme féminisme ne signifie pas ne rien faire de son corps mais bien en faire ce que l'on veut dans une société qui nous rend coupable quoi que l'on fasse.

 

Les gens collent tout de suite une image malsaine au porno, mais ce qui est peut-être le plus malsain c'est d'être innondé·es de porno très basse qualité et de s'en contenter. De la production qui se contente de peu et dont le respect des personnes est parfois franchement douteux !

Au final Usul et OllyPlum font bien ce qu'iels veulent de leurs fesses et ça me rend heureuse pour elleux tellement iels ont l'air de kiffer ce qu'iels font.
C'est peut-être même un tournant, peut-être va-t-on enfin se rendre compte que sexe et intelligence ne sont pas contradictoires. Peut-être va-t-on enfin faire redescendre le porno et le sexe comme quelque chose de quotidien que font parfois les gens. Peut-être va-t-on intellectualiser le sexe. Peut-être va-t-on enfin discuter sérieusement du porno qui peut, en effet, être parfois très problématique.

Affaire à suivre.

 

 

Le Tag Parfait - OllyPlum et Usul, l'interview décomplexée

Marion Seclin - T'es féministes mais...tu suces ?

Blog personnel de Céline Tran - Ma vie de ninja

 

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15 février 2018

Stigmatisation, excision et plaisir

[TW : Cet article aborde le thème des mutilations génitales. Une seule illustration est celle d'une vulve après excision mais non l'acte en lui-même.]

L'excision, on en parle de plus en plus et c'est tant mieux, mais on y plaque aussi un imaginaire européen souvent faux et des réactions très paternalistes.
L'une des croyances les plus répandues est qu'une femme excisée serait incapable de ressentir du plaisir, la plaçant dans un rôle passif. Les choses ne sont pas aussi simples.

D'abord garde en tête qu'il existe plusieurs excisions différentes et que chaque personne possède son propre vécu par rapport à son excision. Toutes ne réagissent pas de la même manière.

La clitérodectomie s'attaque au capuchon du clitoris, l'excision au capuchon ainsi qu'aux lèvres grandes et/ou petites, et l'infibulation vise à réduire l'orifice du vagin en suturant les lèvres.
Certaines mutilations amputent une grande partie de la vulve, alors que d'autres non.vulve

En fonction de l'excision, la vulve peut garder une plus ou moins grande sensibilité, cela dépend d'à quel point le capuchon du clitoris a été abimé et de si les lèvres sont ou non coupées et comment.

 Toutefois l'infibulation cause énormément de dégâts. Si toutes peuvent entraîner des complications médicales (notamment via les infections et les douleurs) l'infibulation ne cicatrise pas de la même manière et cette obstruction empêche les liquides de s'écouler : urine, cyprine, sang menstruel, leucorrhées. Ce qui provoque douleurs et infections, en plus de rendre les rapports sexuels douloureux.

Comme tu peux le comprendre, les mutilations sont diverses, certaines personnes ne s'en souviennent pas alors que d'autres en sont traumatisées, ce qui joue également dans la notion de plaisir.

 

douceur

 

Et oui, excisée ne veut pas dire incapable de ressentir du plaisir ou de prendre son pied au lit !

Déjà parce qu'outre la dimension psychologique liée à l'acte, l'organe du plaisir, le clitoris, est toujours là. D'un point de vue technique il fonctionne toujours. D'ailleurs, le Dr Foldes fait remonter une partie du clitoris pour remplacer ce qui a était coupé. C'est décidément un organe plein de surprises !
Ensuite parce que le plaisir ne se limite pas au clitoris, ni même aux organes génitaux d'ailleurs. Il reste la vulve en elle-même et tout ce qu'il y a autour.

 

Le plaisir c'est finalement très psychologique et dépend pas mal de ton état d'esprit.

 

 Si je détaille tout ça c'est pour que tu comprennes comment le corps fonctionne et qu'une personne excisée reste une personne. Pas une victime, pas une "femme incomplète", pas un stéréotype.

Oui, les mutilations génitales existent et sont à bannir, elles sont une pratique patriarcale qui causent des souffrances, mais comme toute pratique injuste pourquoi les femmes devraient-elles en porter les stigmates sociaux ?

confiance

Il est déjà difficile d'accepter son corps et ses particularités, ça l'est d'autant plus lorsque le monde juge tes mutilations.

Comme chaque corps, chaque sexe existe et est légitime dans son existence. Qu'il soit mutilé ou non, un sexe est un sexe. Il appartient à quelqu'un, fait parti de cette personne. S'il existe c'est qu'il est normal. Pas "moins" ou "horrible", juste lui.

 

"Vous savez, la sexualité c'est un apprentissage"
Jeanne Diaw

Et parce que la parole des concernées est importante je vous laisse avec ces témoignages qui parlent du plaisir...

Un corps c'est tout un monde

Être excisée et jouir, c'est possible

La sexualité des lesbiennes excisées

...Ainsi que ce dossier d'Amandine Gay (afroféministe et réalisatrice d'Ouvrir la Voix)

Le discours sur l'excision doit changer

 

Note de l'autrice : J'ai consicence que c'est un sujet compliqué, si je prend le risque d'en parler c'est justement pour tenter de déconstruire les clichés autour de l'excision, c'est d'ailleurs pour ça que je me base beaucoup sur l'aspect fonctionnel, puis social. Je ne veux en aucun cas donner de leçon, mais justement traiter aussi des personnes exicisées parce qu'elles sont comme tout le monde ! Ce qui correspond à la visée inclusive de mon blog.
C'est ma petite pierre que j'apporte, ce sont surtout à mes consoeurs et confrères blanch·es que je m'adresse, pour qu'iels aussi se renseigent en écoutent la parole des concerné·es et ne stigmatisent plus.

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05 janvier 2018

Masturbation mon amour !

La mastubration c'est à la fois un sujet que l'on connaît sur le bout des doigts et à la fois un total inconnu. Essayons de mettre un peu d'ordre dans tout ça.


La masturbation reste un acte relativement mal vus alors qu'elle est pourtant normale et possède nombre de qualités !
Se connaître, se faire plaisir, s'exciter, réapprivoiser sa sexualité, son désir et son plaisir, travailler son imagination, aider à s'endormir, réduire son stress et même à faire passer des douleurs menstruelles.

Stimulations divers


Bref la masturbation c'est cool et ça ne fait de mal à personne. Les moeurs religieuses et sexistes ont pris soin d'en faire quelque chose de tabou, de mal, d'interdit. Ces injonctions ont créé plus de mal que de bien, menant à des excisions, de la culpabilisation et des accusations d'hystérie à l'encontre des femmes.


Comment définir la masturbation au final ? Je pense que c'est avant tout un moment avec soi et qui n'appartient qu'à soi. Qui mieux que soi-même peut savoir quels mouvements faire et à quelle fréquence pour se faire plaisir et/ou jouir ?


Quelle ironie de si bien connaître ses déclencheurs quand on a si peu accès à cette partie de notre corps. Quand touche-t-on nos organes sexuels si ce n'est pour les toilettes et la toilette ? Et s'il suffit aux personnes disposant d'un pénis de baisser la tête pour voir cette partie, pour les personnes disposant d'un vagin c'est tout de suite plus compliqué.


Quel meilleur moment donc, pour toucher cette partie, que la masturbation ? Mais même là peut-être y passe-t-on trop vite. Quand on se masturbe il y a un but et ce n'est pas la peine de prendre de détours comme lorsque l'on fait l'amour. Mais après tout se masturber ne doit pas nous empêcher d'être être doux/douce, d'explorer, de trouver de nouvelles variations pour d'avantage de plaisir.

Masturbation avec sextoy
Pourquoi ne pas prendre le temps d'explorer toute la vulves et ses plis, de caresser ses testicules si sensibles, de chercher sa prostate ou de simplement caresser l'entrée de l'anus pour stimuler ses nombreux capteurs sensoriels ?


Pourquoi se contenter d'un doigt ? Un autre peut-être ou même un jouet prévu à cet effet. Les sextoys rivalisent d'ingéniosité pour donner le plus de variations de vibrations, de succions, de sensations...pour passer un super moment avec soi-même.
Bien sûr la masturbation n'est pas nécessairement une activité que l'on pratique seul-e. On peut la voir comme notre moment intime avec nous-même, notre moyen de nous détendre et de jouir vite (ou non !) ou alors se dire que partager cet acte c'est bien aussi.Masturbation de couple


La masturbation peut aussi bien être quelque chose que l'on fait seul-e que quelque chose que l'on partage.
Se masturber mutuellement peut aussi bien se définir comme un préliminaire afin de s'exciter, que comme une relation sexuelle à part entière.


Se masturber peut également être un moyen d'exciter l'autre ou même de retarder l'éjaculation. Ou encore un moyen de découvrir l'organe sexuel de l'autre en le/la masturbant, de savoir ce qu'iel aime ou n'aime pas.
Et si tu places la pénétration avec un pénis au centre de la relation sexuelle, dis toi qu'une panne ou une baisse érectile peut aisément être remplacée par la masturbation. Beaucoup de couple hétérosexuels considèrent que l'éjaculation signifie la fin de l'acte, laissant souvent la femme insatisfaite, alors qu'il serait plus agréable pour tout le monde de continuer la fête avec ses doigts !

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04 novembre 2017

Les différents ogasmes, clito, prostate et Cie

Les différents orgasmes, clito, prostate et Cie

Si tu crois tout savoir des orgasmes et bien prends un thé et mesure l'infini de l'univers car les orgasmes sont tout aussi étendus. (Comment ça j'en fais trop ?)
En réalité les orgasmes sont une chose encore obscure et qui nous échappe alors qu'elle se trouve sur le bout de nos doigts ! Penchons nous sur ce savoureux mystère...

Orgasmes de l'infini

Globalement ce que chacun-e connaît des orgasme iel le doit à ce que la société en dit. C'est dire si ça manque d'infos donc !
Commençons simplement par les basiques : une stimulation du clitoris / pénis = orgasme pour les personnes qui peuvent en avoir.

Clito Love

Les organes de la jouissance on les connaît : le clitoris, exclusivement dédié au plaisir, qui je le rappelle, est toujours concerné lorsqu'il s'agit d'orgasme, que la stimulation se fasse via le vagin ou sur le capuchon du clitoris.
Et la prostate, qui sert à d'autres choses certes mais tient une belle part dans la jouissance.
En général : si tu es né-e assigné-e homme tu as une prostate, si tu es né-e assigné-e femme un clitoris.

Le soucis c'est qu'on a longtemps délaissé ces organes du plaisir. Le clitoris peut grandir, être plus ou moins sensible et plus ou moins apparent et c'est bien souvent la dextérité avec laquelle on le stimule qui provoque un orgasme.
La prostate est une perle située à 7cm de l'anus, sa stimulation peut se faire indirectement, plus ou moins directement et directement. Je m'explique, tu vas voir c'est simple:

 

Quand on stimule le pénis, cela fait appel à la prostate puisqu'elle est un organe du plaisir, elle est indirectement stimulée.
Quand on pénètre l'anus on va frotter contre elle, c'est donc une stimulation directe.Le point P

Mais il existe également un point qui permet de mettre le doigt dessus sans la toucher directement. Entre les testicules et l'anus, existe une zone -le périnée- que l'on peut masser et qui procure des sensations nouvelles !
Un bon moyen de tester le plaisir prostatique si l'on est pas chaud-e pour de la pénétration anale donc.

Ça c'est la base.
Mais là encore il manque des informations ! Le pénis est un cas particulier car l'éjaculation peut très bien être mécanique et ainsi jouir n'est pas avoir un orgasme.
Or on peut très bien jouir sans éjaculer ou en stimulant d'autres zones.
Nous avons tou-te-s des zones érogènes, comme le cou, les tétons, les pieds etc.

 

Elle peuvent varier en fonction de la personne mais aussi de ta sensibilité à un moment T ou simplement changer avec la vie. Puis certaines personnes pourront te toucher le cou, par exemple, sans que ça ne te fasse rien alors que si une autre personne le fait ce sera un point déclencheur. Bref il n'y a pas de règles pour ces zones à part de t'écouter et d'écouter tes partenaires. N'écoutes pas les magazines qui te disent que telle zone marche à 100% chez les hommes et autres nouilleries.
Le corps n'est pas une machine que tu dois stimuler avec un mode d'emploi, il appartient à une personne, complexe, avec un vécu et ses particularités.


Mais il n'y a pas qu'une façon de stimuler une zone. Tu peux te servir de tes doigts, tes lèvres, ta langue, tes mains, tes pieds, ton vagin, ton pénis, ton souffle, tes ongles, tes dents, tes cheveux, ta peau, ton nez, tes seins et j'en oublies surement.
Tu as bien plus qu'un sexe pour stimuler ton/ta partenaire, à toi d'être créatif/ve, mais assures toi de savoir ce que ton/ta partenaire en pense.
On ne caresse pas quelqu'un avec un pénis sans prévenir !

Se bander les yeux pour bander différemment

Il y a aussi la façon de faire. On a tendance à considérer le sexe comme composé de gestes répétitifs, mais il n'y a pas qu'une seule façon de branler un sexe par exemple, que ce soit seul-e ou à plusieurs. Tu peux explorer ce qu'il y a autour du sexe, les lèvres, les testicules, les cuisses etc. mais tu peux aussi varier tes mouvements, tenter une approche en douceur, tester différents rythmes, jouer avec les sensations et la venue ou non de l'orgasme etc.

On peut même dire qu'il existe plusieurs façons de jouir. En fonction de ce qui est stimulé par exemple.
Pour une femme cis, une stimulation simultanée du capuchon du clitoris et de l'anus peut donner un oragsme très puissant et différent d'une stimulation clitoridienne. Pour un homme cis, une stimulation du pénis et de la prostate (par pénétration ou pas massage de la zone du périnée) peut donner un oragsme très puissant et différent d'une stimulation pénienne.

De même certaines pratiques sont plus excitantes que d'autres et amènent à des orgasmes différents.

Mais les orgasmes peuvent aussi avoir des différences plus subtiles. Ceux-ci peuvent être ressentis plus ou moins satisfaisants, puissants, ou simplement différents, en fonction de ton/ta/tes partenaires, du temps que tu as mis avant de jouir, de comment tu as été stimulé-e, si tu étais très excité-e ou pas avant etc. etc.

De la même façon, tes orgasmes peuvent être différents quand tu te masturbe seul-e, avec ou sans sextoy, quand tu fais l'amour ou quand tu baises.

Le toucher comme plaisir

D'ailleurs soit bien conscient-e que jouir ne nécessite pas forcément une relation sexuelle, il y a plusieurs manières de jouir, par le toucher par exemple. Le simple fait de recevoir un massage ou bien de voir l'autre jouir/prendre du plaisir peut amener un orgasme.
Comme il y a différentes manières de jouir tu te doutes bien que c'est très difficile à expliquer comme ressenti. Tu peux ressentir un orgasme sans pour autant l'appeler ainsi.

Toutes ces subtilités font que même si tu es excisée tu peux ressentir du plaisir et jouir.

Au final, ce que j'appelle orgasme depuis le début de cet article ce n'est pas tant ce moment final et puissant mais plus simplement le fait de vibrer de plaisir, d'être satisfait-e et de simplement te sentir bien. Ce qu'une bonne pizza devant un bon film peut aussi apporter au final ;)
C'est à toi de définir ta façon de jouir et à personne d'autre. Et si tu n'as pas envie de mettre de mot dessus et bien c'est ok !

Retiens que tu peux jouer avec ton corps et qu'être à son écoute peut te permettre de mieux savoir ce que tu attends, ce qui te convient et ce qui te fait vraiment plaisir.

 

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17 septembre 2017

Dossier Poil

Et voilà ! Le dossier poil est arrivé !

Je sais que je vous avais proposé un dossier d'été mais cet été j'étais sur un autre projet. Donc voilà enfin le dossier tant attendu, j'espère qu'il vous plaira ! N'hésitez pas à le partager c'est du bon, du bio, du décomplexé sans culpabilité ! <3

 

Le document est disponible en PDF sur google drive sans connexion nécessaire :

Google : >>Poil<<

 

Coeur sur toi

PS: On se retrouve bientôt pour un nouvel article et un rythme de rentrée ! ^_^

 

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30 mai 2017

Le mythe de la virginité

Ce mythe est très problématique parce qu'il véhicule beaucoup d'idées fausses qui peuvent causer des violences.
On considère la virginité des personnes possédant un vagin comme quasi sacrée. Comme si la personne était pure et se salissait soudainement au prétendu « déchirement » de l'hymen. Ce qui n'est absolument pas le cas pour les personnes dotées d'un pénis.

Le mythe de la virginité vaginale est basé sur des croyances mêlant sexisme, religion et ignorance. Sauf que l'on est en 2017 et que maintenant, on sait. Enfin, une poignée sait tandis qu'il semble plus simple aux autre de ne pas chercher à savoir.

Voyons ensemble pourquoi ce mythe est faux.

Différents types d'hymens

La notion de pureté, bien qu'elle s'applique dans une moindre mesure à tous les genres, reste malgré tout très forte pour les personnes ayant un vagin.
Encore une fois, celles que l'on reconnait comme femmes sont fragilisées afin d'être mieux contrôlées. Et quand la sexualité d'une partie de la population est considérée comme une menace il semble important à l'autre partie de la culpabiliser. On se retrouve ainsi à être toujours coupable, quoi que l'on fasse.


Caresses en soiréeMais la virginité n'indique en rien la pureté qui au final reste une notion assez abstraite. Il faut arrêter de croire que les personnes ayant un vagin sont comme des bocaux avec un opercule garantissant la fraîcheur ! L'image est un peu dure mais c'est pourtant ainsi que se passent les choses. D'autant que cet opercule n'existe même pas !

Et l'hymen ? Me demanderas-tu.
On croit volontiers que l'hymen est une membrane qui recouvre entièrement l'entrée du vagin, telle une protection solide qui doit être déchirée avec violence. Avec des idées pareilles pas étonnant de se retrouver avec des mythes de pureté. Reprenons :
L'hymen est en réalité une membrane élastique, j'insiste sur élastique, qui s'étire donc et ne se déchire pas. Elle fait partie de ton corps si tu as vagin, c'est une excroissance de peau innervée, elle aussi, et donc sensible. Un petit bout de peau qui protège en somme. On peut même faire un parallèle avec le pénis qui doit être décalotté, afin de s'assurer que la peau glisse bien et qu'il n'y ait pas d'infection, qu'une érection ne sera pas douloureuse etc. Aucun morceau de peau n'est déchiré ou perdu.
Les doigts, les tampons (au moins bio svp), le sport, l'équitation, ne font qu'étirer l'hymen.


Il existe différents types d'hymens, tous percés d'une certaine façon, avec une ouverture plus ou moins grande. Certaines personnes ont un hymen complet qui recouvre en effet toute la surface mais ce n'est pas le plus répandu, c'est même très rare. Et d'autres personnes n'en n'ont simplement pas. D'autre à moitié etc. Il n'y a pas de règle en la matière.
Les règles justement parlons-en. Crois-tu qu'elles pourraient s'écouler si l'hymen obstruait tout ?

Celui-ci ne doit pas se déchirer comme on l'entend trop régulièrement, et si saignements il y a c'est souvent parce que la pénétration s'est faite trop vite et sans préparation adéquate.

 

Plaisir et préparation

La méconnaissance de cette anatomie et la croyance qu'une personne reconnue comme femme doit souffrir, surtout lors de sa première fois et de son (potentiel) accouchement, font, qu'effectivement, les premières pénétrations avec quelque chose de plus gros qu'un doigt font mal. Mais ça ce n'est pas tant une question d'hymen que de vagin. Même après des années de pratique sexuelle il est possible d'un jour être trop stressé-es et de voir son vagin rejouer la scène du Balrog « Vous ne passerez pas ! ». Ces conseils sont donc pour tout le monde !
Mais souvent ce sont les premières pénétrations réputées comme les plus douloureuses et qui donc inquiètent le plus ; Si l'on est stressé-e, pas préparé-e, qu'on y va trop vite etc. La bonne nouvelle c'est que la douleur peut être amoindrie voir évitée.

 

Baiser et plus si affinitésÊtre détendu-e :
D'un point de vue technique mieux vaut être détendu-e, si tu stresses tu contractes et donc ça passe moins bien.
En avoir envie :
Ce genre de choses doit évidemment être consentie, mais parfois on peut se dire qu'on en a marre d'attendre, que comme ça c'est fait. Mais si on n'en a pas envie, souvent c'est le corps qui le dit, encore une fois en contractant. Peu de chances que ça passe donc, en tout cas pas sans douleurs.
Etre lubrifié-e :
Lorsque vient l'excitation le corps produit de la cyprine, en plus ou moins grande quantité selon les personnes, périodes, excitations etc. Qu'importe ta production, si tu sens qu'un peu plus de lubrifiant t'aidera, mets-en ! Aucune honte à ça, c'est très utile et plus l'entrée est lubrifiée, mieux la pénétration se passera.
Préparer le terrain :
Comme tu l'as compris, la préparation c'est important, évites donc d'y aller d'un coup. Prends ton temps, commence par un doigt, puis deux, puis...trois ? à toi de voir, en tout cas sers-toi de méthodes douces pour assouplir ton hymen. Cet assouplissement peut se faire sur une longue durée, en somme tu habitues ton vagin.
Des accessoires :
Que la pénétration se fasse avec une bite en chair ou non, tu peux utiliser des accessoires, c'est l'avantage avec les godes, on peut choisir leur taille. Il en existe des minis, de formes différentes, qui commencent petits puis grossissent lors que l'on va vers la base.

 

Se voir nu-ePour certaines personnes la première fois ou première pénétration est importante, pour d'autre non. Chacun-e la gère à sa façon, mais je me permets ce conseil : connaissez bien votre partenaire et apprenez à connaître votre corps et le corps de l'autre. Avoir l'habitude de se voir nu-es, de se toucher, se caresser, ça permets d'être moins stressé-e.
Mais du coup, à quel moment « perd-t-on sa virginité » ?
Encore une fois cela va dépendre de la conception de chacun-e. Qu'il s'agisse de la première masturbation consciente avec ou sans pénétration, les premières caresses avec quelqu'un, la première fois qu'un-e partenaire pénètre avec un doigt, un gode ou un pénis. Ou que même ce genre de « première fois » n'a pas compté. C'est une notion abstraite, surtout lorsqu'on sait que l'hymen s'étire selon son bon vouloir, suivant son activité physique et qu'il peut ne plus vraiment être là lors de la première pénétration.
Et si l'on suit la logique pénétration = perte de virginité, les tampons sont donc nos premiers amants ?
En attendant il serait préférable d'arrêter de considérer que l'on perd quelque chose, mais plutôt que l'on y gagne, non ?

 

Deux vidéos géniales qui expliquent en détail ce qu'est l'hymen:

Sexpédition
La ChroNique



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25 avril 2017

Comment prendre soin de son vagin et sa vulve

loveyourvulve

Attention au savon
Il est courant de croire que la vulve c'est sale. C'est totalement faux. Ça ne l'est pas plus qu'un pénis.
D'abord il y a les poils qui sont là pour protéger la vulve des saletés et éviter les frottements et irritations, c'est la seule partie que l'on peut effectivement savonner et encore avec précaution. Ensuite la vulve, plus ou moins exposée selon sa forme, ne se lave pas au savon, jamais ! C'est une partie très sensible et fragile et y mettre du savon peut nuire à sa santé. Pareil pour le vagin qui possède sa propre flore. Inutile donc d'y mettre un savon spécialisé, surtout si tu as une flore intacte.
De l'eau rien que de l'eau, claire et tiède pour nettoyer tes replis intimes et avec les mains propres bien sûr ! Sinon attention aux mycoses.

nosoap

Aller aux toilettes après un acte sexuel pour éviter les infections
Quand tu as un vagin il est courant que tu aies une envie d'uriner après une pénétration vaginale, suis cette envie ! Aller aux toilettes après le sexe est un moyen de nettoyer les bactéries qui remontent dans ton urètre pendant l'acte et ainsi d'éviter les infections.

Les vêtements serrés
Ta vulve est une partie délicate au taux d'humidité élevé. Elle doit donc pouvoir respirer tout en restant au sec. Et ce n'est pas parce que tu ne l'as pas sous le nez que tu dois la maltraiter. Les personnes ayant un pénis font généralement attention à ne pas mettre leur paquet à l'étroit dans leur pantalon, donc pourquoi ne pas en faire autant en cas de vulve ?
Mettre des sous-vêtements et vêtements trop serrés –ce qui peut provoquer le fameux kamel toe- c'est agresser ta vulve toute la journée, la matière frottant dessus en continue. Et en plus ça l'empêche de respirer, un bon moyen d'attraper des mycoses.

2jean

Toujours nettoyer précautionneusement à l'eau chaude et au savon neutre ce que tu mets dans ton vagin.
Le vagin possédant ses propres bactéries, l'introduction de nouvelles bactéries peut être très mal vécue. Le souci c'est qu'il y a pas mal de choses que tu peux introduire dans ton vagin sans penser aux normes d'hygiènes, à commencer par les doigts. Les mains sont pleines de bactéries, elles touchent des objets eux-mêmes plein de bactéries ! Clavier, toilette, clef, rampes de métro etc. Et n'oublies pas les ongles !
Il en va de même pour les godes mal entretenus et évidement pour les pénis. Odeurs suspectes, moumoutes de sous-vêtement, fils et fluches ? à la douche ! C'est ton droit le plus entier de demander à ta/ton/tes partenaires d'avoir les mains/pénis/godes propres avant de toucher tes orifices.

clean
Rester au sec...mais pas trop !

Cette zone étant déjà humide de base, il est déconseillé de l'humidifier d'avantage, du moins sur la durée. C'est pourquoi il est important de sécher correctement les poils et les cuisses après une douche, sans toutefois irriter la vulve avec la serviette !
De même veille à changer régulièrement tes sous-vêtements. Sécrétions, transpiration, retombées de ta dernière partie de jambes en l'air, tout ceci humidifie tes dessous et créer un environnement propice aux bactéries. Donc si tu te sens trop humide n'hésites pas à mettre un dessous propre en coton.
Mais attention à ne pas irriter à force de vouloir un entre-jambe sec ! Une certaine humidité est nécessaire et certaines choses assèchent cette partie. Attention donc à ne pas trop s'essuyer avec du papier toilette.

Choisir des serviettes et papiers toilettes sans odeurs et autres produits chimiques
On commence à peine à s'en rendre compte mais nos produits d'hygiène intime courants sont nocifs. Notamment les tampons, pouvant provoquer des chocs toxiques, notamment à cause de tous les produits nocifs qu'ils contiennent, produits que tu mets directement dans ton vagin et tes muqueuses. En plus d'être toxiques et dangereux ils sont également très irritants. Encore un bon moyen de détruire ta flore.
Quant aux serviettes, bien qu'elles ne provoquent pas de choc, elles n'en restent pas moins des aberrations pour ta flore vaginale. A force de vouloir masquer ces odeurs qui sont pourtant naturelles, les serviettes sont surchargées de produits et odeurs chimiques que tu mets...tout contre ta vulve !
Donc si tu as des menstruations privilégie la cup en silicone, les serviettes lavables ou les serviettes bios.

Pour le PQ c'est la même chose, des odeurs, des couleurs, que tu mets directement sur ta vulve, ton anus ou ton pénis. Soins sympa et fou la paix à tes muqueuses en optant pour du papier blanc sans odeur.

free

 

Posté par Val_hou à 16:04 - Commentaires [8] - Permalien [#]
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